Je suis Charlie ! Pas de "oui mais".

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Je suis Charlie ! Pas de "oui mais".

Message par Admin le Lun 6 Juil - 15:15

Certains, en condamnant les attentats, chipotent encore sur leur adhésion à Charlie. Se rendent-ils compte de leur manque de décence ? « Charlie Hebdo » n’est pas un simple objet de débat ou de discussion politique, c’est un évènement, un fait historique. Il est plus que ce qu’il est, mais doit être pris pour ce qu’il représente. Ce n’est pas seulement un signal d’alarme, c’est un symbole. L’évènement, si ponctuel qu’il soit, partagera l’histoire de la France, et, comme sommet paroxystique de cette dernière, il regarde et provoque les autres cimes, s’adresse aux histoires de toutes les autres nations, appelant ainsi à l’écriture d’une Histoire mondiale. « Charlie Hebdo » est une césure : il repousse ce qui était avant lui encore plus dans le passé et il chasse, provoque, plus vite toujours vers le futur ce qui est devant lui, qu’il nous enjoint ainsi à mieux conquérir. Quand une manifestation réunit une cinquantaine de chefs d’états et des millions de français, comme cela n’a jamais eu lieu de mémoire d’homme, quand l’Homme semble brusquement sortir la tête de l’océan qui le berçait dans des songes avortées, des utopies confuses, le balançait à l’incertain, alors qu’il désire défendre des valeurs mais n’en trouve aucune et que, déboussolé, il ne sait plus à quels saints se vouer quand, rejeté par la fortune sur un pic de la conscience, il prend pourtant conscience de son libre arbitre, de sa faculté à modeler sa propre destinée, à être maître de sa propre Histoire, quand il se pose par l’absolu de l’agir, quand il fait acte de foi, peu importe la forme qui est entraînée par le fond, la grandeur pourvoit à tout, l’harmonieux se déploie en prenant sous son aile le disgracieux, le beau va au sublime et tout relativisme, subjectivisme ou scepticisme est ignominieux, infâmant pour la dignité du drame qui se joue de l’homme. Il y a ceux qui croient et ceux qui doutent, ce qui défendent de tels actes ne méritant même pas qu’on s’attarde sur eux, mais juste qu’on les combatte inflexiblement, froidement, sobrement, mécaniquement, jamais comme des bêtes, dignement toujours, mais bien comme des machines au main d’une idéologie, des endoctrinés. Il y a ceux qui, se croyant à part des autres, restent sur la bordure du chemin, ceux qui vont avec la bourrasque du vent du changement et ceux qui restent sur le carreau, comme une trace de poussière rejetée par la fusée sur sa rampe de lancement. Le « oui mais » n’est pas exclu mais il y a ceux qui mettent de côtés le « mais », le placent non seulement après mais à l’intérieur de ce oui, en dessous, dans le privé, qui hiérarchise leurs valeurs, pour se rappeler du « oui » premier, qui vainquent leurs résistances et les lâches qui en restent toujours aux « mais ». Entre eux, il y a quand même le gouffre entre l’idéal et la réalité, ce gouffre que l’action franchit. Ce n’est pas le « mais » pour la nuance qui s’ensuit après, la précision, mais le « mais » pour lui-même, le « mais voilà quoi », le « mais enfin bon », le « mais » brandie comme un droit d’être pas d’accord, un non exclusif qui ne sait pas ce qu’il affirme en niant, un droit de rester dans le vague : « bah de toute manière, je fais ce que je veux ». C’est faux : personne ne fait ce qu’il veut et Dieu même. On n’a pas le droit de se contenter du « mais ». Parce que ce n’est pas digne de soi, de la liberté qu’on est, parce qu’on peut mieux faire. Tout le monde a le choix mais il faut choisir. La liberté ne s’use que quand on ne s’en sert pas. « Tu dois changer de vie, tu n’as pas le droit d’être médiocre. » La liberté de l’homme, c’est sa responsabilité. Chaque droit a son devoir. La liberté, c’est le « oui » ou « non », ce n’est pas apposer un « screugneugneu » derrière chaque principe pour montrer qu’on existe. Le débat n’est plus donc ce qui est vrai ou pas, mais si l’on en est ou pas, si l’on conteste ou cautionne. Nul ne peut cautionner les actes terroristes de Charlie Hebdo : on doit s’engager et les soutenir pleinement, on doit accepter de se « mouiller », même si on ne les aurait pas soutenu sinon, car il faut en faire des martyres, pour rendre totalement vain l’acte des terroristes.

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